J16 : 11 octobre 2003...Ascension de l'Island Peak (5160 m)

Réveil 3 h 30, départ 4 h 30. Nous choisissons de partir un peu plus tard car 30 personnes doivent partir à 3 h du matin, le sommet n'est pas très large et le risque de bouchon sur les cordes fixes est important.
Peu après le départ Marie Christine abandonne, elle était mal en point depuis deux jours. Nous continuons doucement la pente raide qui mène au premier couloir.
J'adopte un rythme lent et régulier et après quelques doutes au petit déjeuner, je me sens dans une forme excellente. Le paysage se découvre à mesure que nous nous élevons, c'est puissant et beau, tout le monde suit bien, et j'éprouve un réel plaisir à retrouver cet itinéraire subtil qui de traversée en traversée mène à une fine arête rocheuse qui mène au glacier. Du coup me revoilà en rêve sur les pentes de l'Everest. Je vérifie le pouls qui ne dépasse pas 120. Je suis bien. Plaisir ou souffrance ne tiennent finalement qu'a quelques pulsations de différence. Et je comprends pourquoi les détresses respiratoires ne me servent pas de leçon : je suis toujours bien le lendemain, à la vitesse des gens, et la mémoire efface ce qui déplait pour ne garder que le bon.
En fait je me souviens bien de ces mauvaises nuits mais quand il s'agit d'équiper et que le temps manque je suis presque obligé de forcer pour redescendre à l'heure et être prêt pour emmener les gens le lendemain.

La solution étant d'équiper le jour même en se faisant aider par les sherpas, on perd dans ce cas là le bénéfice du regel sur les ancrages et dans le cas d'une neige molle qui réchauffe (c'était le cas) l'obligation de faire des corps morts en profondeur (long et pénible).Je rappelle les consignes et chacun "branche" sa poignée d'ascension sur la corde fixe après quelques attentes sur l'arête pour laisser descendre ceux qui viennent d'en haut nous arrivons au sommet à 12 h. Nous avons le sommet pour nous seuls, étreintes photos, la pression est de 485 mb et la vue superbe sur les 8000 environnants.
Pas de problème majeur à la descente, tout le monde à bien assimilé la technique du rappel sur les cordes fixes il y a simplement une immense fatigue qui se fait sentir il faut donc prévoir une heure limite pour entamer la descente en toute tranquillité (14 h) . Un encadrement assez fourni (4 pour 7) permet de bien sécuriser l'ensemble de la course.
Retour au camp heureux : toilette, .rangement, repos finissent agréablement l'après-midi.

Montée : 1160 m
Descente : 1160 m
Temps de Marche : 11 h


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